DATA: 01 settembre 2009
TITOLO: "Le Chroniqueur sans coeur " di Anthony Dufraisse
FONTE: Le Matricule Des Anges

Il officie aux pages faits divers d'un journal sans envergure de Sardaigne, ne loupe jamais la diffusion des Simpson et de South Park, a une fâcheuse tendance à parler comme dans les feuilletons télé, fréquente d'un peu trop près des gens infréquentables, fricote avec des dames de petite vertu et ne déteste pas, en habitué des boîtes de nuit où clapote toute une faune interlope, snifer de la poudre blanche pourvu qu'on la lui offre. Ainsi va la vie de Rudy Saporito, personnage plus complexe qu'il n'y paraît de l'écrivain Francesco Abate, dont La Fosse aux ours nous a précédemment donné, en 2006, le roman Dernière journée de championnat. Derrière le rubriquard pisseur de copie, il y a en Rudy Saporito un écrivain méchamment contrarié qui ne demande qu'à être reconnu.
C'est cette frustration qui sert de fil rouge à ce récit écrit à la première personne, dans un style très oral, très parlé, fait avant tout de lucidité implacable, de mauvaise foi et de cynisme. Au long de ce récit, le narrateur ne cesse d'arracher les masques de son entourage familial et professionnel. Tous les masques, y compris ceux dont il tente de s'affubler lui aussi, par lâcheté ou par hypocrisie. Ce gratte-papier noctambule pourrait jouer les Rastignac moderne s'il avait cette gniaque un poil mystique qui caractérise les ambitieux. Lui est plutôt du côté des loosers, écorché vif qui a un coeur de pierre pour ne pas avoir le coeur brisé. En soufflant le chaud et le froid sur ce personnage à mesure qu'il en raconte les déboires, Abate le rend attachant, ce qui, sincèrement, n'était pas gagné d'avance. Avec un goût prononcé pour le sarcasme, Francesco Abate entraîne son lecteur dans le milieu peu reluisant des sans-grade du journalisme, loin du gratin médiatique et des grandes plumes. Son roman est une tragédie qui ne dit pas son nom, une tragédie qui laisse entrouverte la porte d'un espoir, d'une autre vie, une vie qui ne serait plus une " course d'obstacles ".





DATA: 31 luglio 2009
TITOLO: "Le Chroniqueur sans coeur"
FONTE: Seren.Dipity

Francesco Abate, Le Chroniqueur sans coeur (Ed La Fosse aux Ours) vo : Il cattivo cronista, trad de l'italien par Marc Porcu.
Chez Francesco Abate, le journalisme est un passe-droit mais aussi une voie étriquée vers la littérature. Voici la quatrième de couv: Rudy Saporito est journaliste, rubrique faits divers, à Cagliari, Sardaigne. Rudy Saporito vit au jour le jour surtout la nuit. Rudy Saporito est expert en filles, en substances illégales et en cynisme. Rudy Saporito est aussi un écrivain à la recherche de son premier lecteur. Pour Rudy Saporito, le troisième millénaire ne se présente pas sous les meilleurs auspices.







DATA: 20 luglio 2009
TITOLO: "Le Chroniqueur sans coeur de Francesco Abate : errances modernes"
FONTE: Lyon Capitale

Rudy Saporito, journaliste chargé des faits divers dans un quotidien italien, traîne son vague à l'âme. Il traîne cette pesante émotivité éteinte, mais aussi son entrain brûlé entre de vaniteuses velléités de primé Pulitzer et son lit où il rejoint, drogué et ivre, une fille. N'importe laquelle. Ce Chroniqueur sans cœur narre la lassitude cynique et les complexes d'un homme moderne qui, pour ne rien gâcher, est le mouton noir d'une famille d'avocats convenables, sans pour autant parvenir à y passer pour un rebelle. Le narrateur Saporito, étrangement proche de l'auteur Abate, propose une observation blasée de son nombril, celui du monde finalement, au travers de quatre chapitres, quatre saisons d'une chronique ironique et réjouissante.




DATA: 09 giugno 2009
TITOLO: "Le Chroniqueur sans coeur" di Martine Laval
FONTE: Télérama

Il a dit non. A son père, avocat. A sa mère, épouse d'avocat, à son frère, à sa sœur, avocats. Dans la famille Saporito, on est avocat ou rien. Rudy Saporito a choisi d'être rien. Il est journaliste, à la rubrique des chiens écrasés d'un journal de Cagliari, Sardaigne. Un jour, il fera son « chef-d'œuvre », un scoop d'enfer, mais en attendant, il ingurgite des choses folles pas très licites, traîne de bars sombres en autres lieux de débauche, genre lits inconnus où gisent des filles presque inconnues. Rudy n'est pas gâté par le destin : chez les Saporito, les dîners de Noël ont des allures de funérailles et ses chefs le méprisent. Il le leur rend bien : «Il sait comment me prendre, mon chef. Il sait que pour un article à la une je suis prêt à vendre mon âme. Même pour d'autres choses, je suis prêt à vendre mon âme. » Le hic, c'est que les autres choses ne se présentent pas. Alors Rudy maudit la terre, la famille, la mafia : «Jamais plus, jamais plus un texte avec mon âme pour ce journal de merde. »

Rudy, narrateur brillant, se la joue cynique – il est, en vérité, un fier-à-bras pas sorti de l'enfance, un esprit libre qui aimerait jouir de la vie, et ne réussit qu'à fissurer le carcan de la bonne société sarde. Francesco Abate, journaliste et écrivain comme son antihéros, écrit « speed », comme sous l'emprise de substances, cette fois très légales : humour noir, bravades de potache, et escarmouches verbales aussi tendres que des rêves d'adolescent.


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